« J'ai cité ce casino parce c'est le seul cas d'une démolition ...

Posté le 27 Sep 2013 at 21:09PM
« J'ai cité ce casino parce c'est le seul cas d'une démolition ...

« J'ai cité ce casino parce c'est le seul cas d'une démolition ...

Son fils l'a raconté depuis, Claude Ferret a pleuré ce casino et sa mort programmée, par un défaut délibéré d'entretien que tout le monde atteste aujourd'hui. Le procédé fait autant consensus, désormais, que le gâchis d'une telle démolitio

Royan s’est vu accorder l’honneur d’une citation dans le quotidien « Le Monde », la veille des Journées du patrimoine. Malheureusement, pas pour le caractère rare et exceptionnel de son architecture des années 1950, que Jean-Jacques Larrochelle loue par ailleurs en aparté, mais pour l’un des dix « ratés » les plus remarquables en matière de préservation du patrimoine architectural. Le « raté » royannais ? La démolition du casino du front de mer, en décembre 1985.

L’ombre de la tour Cacoub

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S’il a été Bordelais un temps et qu’il connaît - un peu - Royan, Jean-Jacques Larrochelle n’a pas connu l’ancien casino autrement que sur les photos qu’il a découvertes par hasard il y a quelques mois. « Ce qui m’a frappé, c’est le charme, la beauté, même, de cet édifice. » À la faveur d’un voyage au Brésil cet été, sur les traces de l’architecte Oscar Niemeyer, le rapprochement entre le Royan post-Seconde Guerre mondiale et les réalisations de l’architecte brésilien a réveillé chez le journaliste de la rubrique architecture du « Monde » ces images du casino de Royan, œuvre de Claude Ferret.

« J’ai cité ce casino notamment parce qu’il me semble que c’est le seul cas en France d’une démolition totalement inutile. »

Fils de Claude Ferret et architecte lui-même, Pierre Ferret nuance : « Bon, en 1985, cette démolition n’était pas totalement gratuite puisque le maire de l’époque, Jean-Noël de Lipkowski, avait le projet de faire construire une tour immense. » La fameuse tour Cacoub, censée s’élever à 58 mètres de hauteur, contre laquelle s’insurgea Guillaume Gillet, père de l’église Notre-Dame, craignant de voir son chef-d’œuvre aujourd’hui classé Monument historique plongé dans l’ombre de cette tour immense. Enjeu des élections municipales de 1989, cette tour morte-née provoqua d’ailleurs la défaite de Jean-Noël de Lipkowski au profit de Philippe Most.

« Pour employer un terme reconnu, je considère que la démolition de ce casino, c’est du vandalisme ! », s’emporte encore, vingt-huit ans plus tard, Pierre Ferret. « Et dire que trois mois plus tôt, la Ville organisait au Palais des congrès les RIENA, les Rencontres internationales de l’environnement et de la nature, pour promouvoir l’architecture de Royan ! En m’y rendant avec mon père, nous sommes passés en voiture devant le casino. Je me suis arrêté. Lui m’a juste dit : “Allez, avance, nous allons être en retard”. »

« Personne ne s’en est ému »

Son fils l’a raconté depuis, Claude Ferret a pleuré ce casino et sa mort programmée, par un défaut délibéré d’entretien que tout le monde atteste aujourd’hui. Le procédé fait autant consensus, désormais, que le gâchis d’une telle démolition. « À l’époque, pourtant, personne ne s’en était ému », se souvient un vieux Royannais.

Il est aujourd’hui trop tard pour pleurer. Même si Didier Quentin a interrogé il y a quelques années Pierre Ferret sur l’opportunité de redonner naissance au casino. « Mais même mon père, s’il était encore là, ne referait pas le même édifice. »

Paradoxalement peut-être plus nostalgique que les Royannais eux-mêmes, et bien qu’il « considère habituellement idiot de vouloir reconstruire à l’identique », Jean-Jacques Larrochelle serait partisan de voir le casino du front de mer reconstruit. Il est même prêt à faire campagne pour un tel projet.

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